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Changer le métier d'influenceur, un post à la fois
Bilan 2024 et projets 2025
Salut les amis,
Je vous adresse mes vœux les plus chaleureux pour 2025. C’est toujours un moment charnière qu’on le veuille ou non. Je trouve que c’est toujours bienvenu d’avoir des moments de boost comme ça. Les petites flèches jaunes accélérantes sur le sol dans Mario Kart.
Les résolutions, pas besoin d’en faire mille. Une seule suffit. Et s’y tenir surtout. C’est possible, c’est accessible et comme ça, on a une meilleure opinion de soi. Et c’est important de maintenir une bonne opinion de soi.
Je sors un épisode bonus du podcast Menswear Family.
Disponible sur Apple podcast et Deezer.
Cet épisode est un bilan de mon année 2024 et un état des lieux de mes projets pour 2025. C'est aussi une plongée dans le métier d'influenceur. Ou de créateur de contenu comme certains préfèrent dire. J'avoue que je suis partagé sur le sujet. Le terme "influenceur" est largement connoté. Et négativement bien sûr. J'entends même parler parfois d' "influ-voleur".
Bref, c'est un métier qui est né avec les réseaux sociaux et qui, comme toute pratique nouvelle a eu besoin de trouver sa limite, ses contours. C'est pour cela qu'on a eu une vague d'influenceurs peu scrupuleux, tirant profit de leur image pour s'enrichir, faisant miroiter monts et merveilles à leur audience. La course au like, aux abonnés oblige à façonner son contenu d'une manière qui exclut l'authenticité. Voilà comment le terme "influenceur" est progressivement devenu synonyme de "culture du vide".
Si on veut se lancer sur les réseaux sociaux…
…il y a une donnée qu’on ne peut pas contourner : notre personnalité. Et je pense vraiment que pour faire la différence, il ne faut surtout pas la lisser. Il faut même l’accentuer. La rendre savoureuse. On suit des gens car ils sont comme nous et en même temps vraiment singuliers.
Le fait de mettre en exergue les traits de sa personnalité peut être périlleux. Il faut savoir si on force trop et si on s’éloigne du naturel pour tomber dans quelque chose de trop calculer. Et ça, c’est l’écueil principal et ça peut tuer une impulsion.
La question qu’il faut se poser : dans quoi je suis le plus à l’aise ? C’est quoi ma zone de génie ?
Et ensuite, une fois qu’on a déterminé ça, il faut ne faire que ça et s’y tenir.
Ce n’est pas vraiment ce que j’ai fait car j’ai multiplié les formats et média pour les communiquer : newsletter, podcast, vidéos, photos. Et croyez-moi ça prend un temps de dingue. ET ça m’empêche d’être excellent dans un de ces média. Je suis correct dans tous. Bref. C’est une discipline qu’il faut s’imposer sinon je pense qu’on ne va pas loin.
À titre personnel, je pense qu’il y aura un moment de rupture qui va me forcer à choisir ou faire autre chose de ma vie. Mais choisir en tout cas.
Pourquoi on fait ce qu’on fait ?
Faire de l’influence pour être connu ou pour être riche, ce n’est pas une raison suffisante. Il faut que vous ayez une raison suprême à la racine de votre entreprise. C’est le grand “pourquoi” qui vous motive.
Mon grand pourquoi, c’est de transformer le rapport des hommes au vêtement. Les libérer des chaînes mentales qui les contraignent à s’habiller comme on s’attend qu’ils s’habillent. Et donc je veux transmettre et donc je veux guider et montrer les chemins possibles.
Je ne veux pas dire : regarder comme je suis stylé. Je veux dire : regardez comme vous pourriez être stylé. Et encore, le style n’est qu’un vecteur pour quelque chose de plus grand : prendre confiance en soi, devenir la personne qu’on est au fond de nous.
C’est pour cela que quand je fais du contenu, je parle de moi évidemment mais à travers moi, je veux parler de vous. Vous êtes la vraie star de mon contenu.
Un conseil simple pour un futur créateur de contenu : pense à ta cible. À qui s’adresse cette vidéo ? Et ensuite parle-lui. Comment faire en sorte que ta vidéo soit utile à ta cible. Point barre. Et c’est pas : est-ce que je vais avoir l’air cool ? Est-ce que je vais avoir l’air intelligent ? On s’en fout. Il faut donner de la valeur aux gens.
Les valeurs comme boussole
Ça dépend de quel influenceur on veut être mais je conseille fortement d’avoir ses valeurs cardinales bien en tête à chacun de nos faits et gestes. Tout simplement car sinon, on ne dure pas dans le métier. On est trop volatile. Et notre audience ne peut pas nous faire confiance.
Je ne veux pas faire de la publicité pour des marques qui ne sont pas éthiques, qui ne font pas d’efforts pour produire de manière responsable. Je ne veux pas faire de la publicité pour des produits dans lesquels je ne crois pas. Peu importe si ça me rapporte moins d’argent. Le prix de mon intégrité est plus élevé que quelques chèques éphémères.
Le marketing émotionnel
Faire de la publicité différemment. On est bombardés de publicités. On en a marre. Quand on voit de la publicité pour les lessives, notre cerveau se met en off. On n’a plus le luxe de faire entrer du contenu purement commercial dans nos têtes. Nos esprits sont saturés.
Et c’est vrai que, quand on est influenceur, la publicité, c’est le moyen le plus judicieux pour gagner de l’argent. (Aparté : j’ai des factures à payer. Ma passion ne me permet pas de remplir le frigo juste par le fait qu’elle existe. Je dois la transformer en euros.)
Alors comment faire pour faire de la publicité tout en ne polluant pas l’esprit de mes abonnés : donner de la valeur. Encore une fois. Leur parler d’eux-mêmes en racontant des histoires. Ne pas se contenter de lister les caractéristiques techniques du produit mais se poser la question des bénéfices de ce produit pour les clients et comment ça se traduit dans la vraie vie.
Etsy m’avait envoyé tout un brief à destination d’influenceurs pour la fête des pères. Ils voulaient que je fasse une vidéo qui soit un inventaire de cadeaux possibles pour une fête des pères. Mais si je faisais ça, je savais que je me transformais en sandwich publicitaire et que je n’étais pas différent de ceux qui vous bombardent de publicités insipides.
Je voulais faire autrement. Je me suis donc demandé ce qu’on ressentait quand on offrait un cadeau à son père. La recherche du cadeau parfait, la rétrospective des cadeaux offerts les années précédentes, ce qu’on veut vraiment dire à son père avec un cadeau. Tout ça, c’est universel ! C’est d’ailleurs la force principal du message.
Et j’en ai fait une histoire.
La vidéo a très bien marché. Comme quoi, on n’est pas obligé de faire du commercial pur pour avoir un impact.
Connaître ses contradictions pour être inattaquable
Bien sûr, on essaie d’être toujours droit dans ses bottes. Mais on n’est pas parfait. Et même si je prône une consommation responsable et écologique, je sais bien que la plus responsable des consommations et de ne pas consommer.
Je sais que pour vous faire toutes ces belles vidéos, j’utilise du matériel qui vient de loin, que mon iPhone n’est pas produit de manière responsable etc.
Mais sans ce matériel, je ne peux pas travailler. Et je ne peux pas vous donner la valeur que je veux vous donner. Je ne peux pas vous influencer positivement afin de vous libérer de vos chaînes mentales à l’égard du vêtement. En gros, je ne peux pas œuvrer pour le grand “pourquoi” qui sous-tend mes actions.
Mais si je sais ça, si je suis clair avec ça, si je n’essaie pas d’être parfait tous les jours de ma vie, je suis inattaquable. J’accepte mes failles, je les travaille, j’essaie d’être meilleur qu’hier et comme ça, petit à petit, je ferai de 2025 la meilleure des années… en attendant la prochaine.
Je vous embrasse et vous souhaite le meilleur pour cette année,
