Qu'est-ce qu'on s'ennuie

Le podcast est sorti !

Parler de mode entre potes sans se vanner, c’est possible ? En tout cas, c’est ce qu’on a essayé de faire ici :

(Aussi sur Apple, Deezer et les autres.)

C’est la première partie de cette discussion entre potes. On parle de :

  • Chercher son style au lycée

  • L’indigestion de logo

  • Piquer les fringues de son père

  • La recherche de soi à travers le vêtement

  • Réinterpréter les classiques

  • S’habiller pour sortir

Et d’autres sujets.

Bonne écoute, et maintenant, place au sujet de cette newsletter.

C’est dingue. Et je crois que j’ai mis du temps à me le dire : mais je m’ennuie. Je parle des marques de mode, je m’ennuie en les regardant.

Ou plutôt en regardant leurs produits.

Avant, je pouvais passer des heures à arpenter les e-shops. J’allais d’émerveillement en émerveillement. Je tombais sur des pièces à couper le souffle. J’ai l’impression que ce n’est plus le cas.

Ou plutôt, ces pièces existent toujours mais :

  1. Elles sont moins nombreuses

  2. Elles sont hors de prix

Qui peut se permettre d’acheter des vêtements au prix fort de nos jours ? Heureusement que certaines marques comme Hast et Octobre font encore l’effort de rester accessibles.

Mais dès qu’on veut appuyer un peu, aller chercher un design inédit, une couleur qui sort de l’ordinaire, une matière avec de l’aspérité, le prix devient prohibitif.

Alors oui, à titre personnel, ce qui n’arrange rien, c’est qu’à cause de mon métier, je passe mon temps à voir et parler de fringues. Donc certains vêtements qui peuvent paraître hors du commun à d’autres me paraissent plus banals. Je sais que c’est une déformation professionnelle.

Mais la réalité, c’est que je suis condamné : si je veux ressentir encore des petits guilis dans le ventre en recevant mon colis, je dois débourser le prix fort.

J’adore A Kind of Guise et ce pantalon me plaît, mais 320€… pour un pantalon dont la coupe m’ira plutôt bien mais pas 100% bien… arf.

Eh oui, j’aime ce duffle coat revisité par Lemaire en laine. etalpaga à 1390€.

Oui aussi, je me verrais bien avec cet ensemble en chanvre et coton Evan Kinori à environ 2300€.

Et oui aussi ce blouson en cuir Stòffa à 3161,95€ me donne envie des frissons rien qu’à la regarder.

Il faut dire que le secteur est en crise et que c’est bien naturel que les marques se recentrent sur ce qu’elles vendent. Et croyez-moi, ce qu’elles vendent, ce n’est pas ça :

Sur ce genre de pièce, le stock est très faible. On peut avoir l’impression que ça se vend bien mais c’est surtout qu’il y a très peu de pièces disponibles. Ce sont des pièces images qui sert à attirer l’œil dans une vitrine ou sur Instagram et faire entrer dans la boutique ou scroller sur l’e-shop de la marque.

Mais à la fin, le client achète… un pull col rond bleu marine. Ou un truc dans le genre. Alors que font les marques en période de crise : elles font davantage de pièces essentielles comme un pull col rond bleu marine et beaucoup moins (voire plus du tout) de pièce image comme ce manteau rose. C’est normal : elles limitent le risque.

Mais pour les gens comme moi (et sûrement comme vous) on n’a plus grand-chose à se mettre sous la dent dans un prix abordable.

En revanche : bonne nouvelle, les efforts maketing des marques n’ont jamais été aussi remarquables. Là on ne s’ennuie pas. Et c’est une bonne nouvelle je trouve car on est aujourd’hui plus que capables de créer des univers de marque forts et beaux et enthousiasmants et avec beaucoup d’authenticité souvent.

Je vous mets des exemples que j’aime juste après.

Ouverture d’une boutique pour Jacquemus

Réponse créative aux haters

Savoir-faire :

Packaging et univers de marque :

Une dernière réflexion…

Je me dis qu’à ces prix, aller chez un tailleur a de plus en plus de sens. Puisque je sais pertinemment que la plupart des vêtements que j’achète en prêt-à-porter ne me vont pas aussi bien que ceux que je fais chez un tailleur.

Et j’en ai fait très peu dans ma vie.

Mais justement. Pourquoi ne pas faire le manteau de mes rêves ? La veste de mes rêves ? Le costume ? etc.

Je vais payer cher mais au moins, je saurai pourquoi.

La bise,